Le mot du pasteur

Le Royaume de Dieu

Dans ce récit de l’épisode qui occasionne le tout 1er miracle de Jésus dans l’évangile de Jean, les interventions de Marie, sa mère, marque profondément mon esprit.

« Le vin ayant manqué, la mère de Jésus lui dit: ils n’ont plus de vin. 4 Jésus lui répondit: femme, qu’y a-t-il entre moi et toi ? Mon heure n’est pas encore venue. 5 Sa mère dit aux serviteurs: faites ce qu’il vous dira (Jean 2,3) ».

Le fait que ce récit emploie le terme mère à deux reprises nous pousse à porter un regard interrogateur sur l’utilisation du terme femme par Jésus. Jésus ne veut pas du tout porter un jugement en répondant à la requête de sa mère (mh,thr). En employant le terme femme gu,nai (de gunh,), il veut souligner la sensibilité féminine de Marie, franchement !

En fait, l’intention de Marie, au-delà du fait qu’elle semble la seule à remarquer qu’‘’ils n’ont plus de vin’’, marque non pas une appréhension mais un aperçu plus avisé des conséquences désastreuses de ce manque, de ce déficit, au début de la vie nouvelle de ce couple. Le manque de vin risque de rendre vain et inutile tous les efforts déployés dans la mise en œuvre de l’organisation cette soirée qui devait augurer une vie autre.

Le bon vin est le symbole de la joie, l’allégresse, la gaité. Le manque de vin rend vain, inutile, inefficace la bonne ambiance, la bonne humeur. Le manque de ce vin envenime la situation, il la pollue, la pourrit. L’absence de ce vin désespère l’être humain et le conduit à déserter, à baisser les bras et le conduit même à penser que la vie n’a pas de sens, et donc la mort peut mettre fin à une vie chargée d’afflictions. Avons-nous encore du bon vin dans nos couples ? Il y a-t-il encore du bon vin dans nos maisons ? Dans nos vies ?

J’estime que l’église, en tant qu’épouse du Christ devrait manifester cette sensibilité car il y a de moins en moins du vin dans nos communautés. En fait, Dieu veut que nous retenions fermement l’espérance que nous proclamons (Hébreux 10,23). Mais, ce moment où la foi est mise à l’épreuve rend la vie chrétienne maussade. Il nous faut donc percevoir ce sentiment de tristesse qui ronge ceux qui ont l’impression que le Seigneur tarde dans l’accomplissement de ses promesses (2 Pierre 3,9) alors que celui qui a fait la promesse est fidèle.

J’estime que l’église a besoin des “mariES’’ qui vont parler à Jésus de notre manque de vin. Il s’agit de ceux et celles qui ont cette empathie devant ces réalités qui ne touchent pas les cœurs froids, gelés ou glacés par un ‘’légalisme’’ stérile ou une ‘’tradition’’ infructueuse. Que l’Esprit Saint suscite des personnes ayant une capacité intuitive qui permet d’appréhender l’intention de l’adversaire et le danger de ses menaces. Ainsi arrivera l’instant Jésus, l’heure ou le moment de l’action de Jésus pour manifester le règne de Dieu.

Les “mariES’’, sont des personne qui ont la foi qui monte ‘’la première marche lorsqu’on ne voit pas tout l’escalier’’ (Martin Luther King). La foi chrétienne constitue donc une démarche plutôt intérieure qu’extérieure. Elle est incarne la confiance qui nous pousse à l’action même lorsque les paramètres de la logique humaine nous indiquent une impasse. La foi chrétienne est à la fois participation ou collaboration. Que les ‘’mariES’’ s’élèvent !

Votre frère,
Jean Willy Mbonzemba

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