Le Royaume de Dieu

Le mot du Pasteur

Le Royaume de Dieu

Le thème dans lequel nous nous orientons depuis la rentrée est « le règne de Dieu ». Pour ce dernier avant l’heure, je reprend pour vous cette méditation :

Stigmatisé, fiché, le nom de Nicodeme, dès qu’on le prononce fait penser directement au poltron. Ce qui nuit à sa reputation, c’est qu’il est allé voir Jésus la nuit et non la journée et au vu de tous ! Ce qui nuit, en réalité cet homme, ce sont les zones d’ombres en rapport à ces questionnements et que seul Jésus peut éclairer.

Nicodeme n’est pas seulement un homme en quête, en recherche mais il est aussi conscient de la limite de sa connaissance : son savoir ne peut lui permettre de percer-voir ce qui est caché derrière les signes de Jésus. Il entreprend donc cette louable et admirable démarche qui consiste rencontrer Jésus à un moment et dans un lieu où la foule ne peut interférer dans l’entretien.

Tout se comprend dès lors que notre reflexion part de la conclusion du deuxième chapitre de Jean. Avant tout, il convient de savoir que ce chapitre traite du premier miracle de Jésus, celle qui concerne la transformation de l’eau en vin. En fait, ce n’est pas anodin que Jean n’ait sélectionné que 7 miracles de Jésus et qu’il les appelle des « signes » : C’est pour indiquer qu’au-delà de l’aspect purement matériel, chacun des miracles de Jésus avait un sens, une signification. ou un secret à découvrir.

Jean 2, 23 Pendant que Jésus était à Jérusalem, à la fête de Pâque, plusieurs crurent en son nom, voyant les miracles qu’il faisait. 24 Mais Jésus ne se fiaiat point à eux, parce qu‘il les connaissait tous, 25 et parce qu‘il n’avait pas besoin qu’on lui rendît témoignage d’aucun humain; Car il savait lui-même ce qui était dans l’humain.

Dans la conclusion de ce deuxième chapitre, Jean nous apprend que Jésus avait opéré plusieurs autres miracles à cause desquelles beaucoup ont cru lui. Cependant, Jésus n’était pas dupe : il n’avait pas confiance à une telle foi car elle a fondement la vue du spectaculaire. Nicodeme, par contre, entreprend une démarche intéressante.

Jean 3, 1 Mais il était un humain d’entre les pharisiens, nommé Nicodème, un chef des Juifs, qui vint, lui, auprès de Jésus, de nuit, et lui dit : Rabbi, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu ; car personne ne peut faire ces miracles que tu fais, si Dieu n’est avec lui.

Bien que son introduction se base sur un savoir humain, ses propos sont très suggestifs. Nicodème est conscient que Jésus est un docteur venu de Dieu et que Dieu est avec lui. Voilà ce qui suggère à Jésus de lui révéler le secret de ses signes.

La présence de Jésus inaugure et augure le Royaume Dieu en le concrétisant notre quotidien. Ainsi, les miracles de Jésus sont la manifestation du Royaume de Dieu au milieu de son peuple. Mais, ce qui importe, c’est de comprendre comment accéder et vivre la vie du Royaume de Dieu, la vie de l’extraordinaire ou du surnaturel ici et maintenant ?

C’est qu’il ne convient pas de croire À Jésus à cause de ses miracles mais de croire EN Jésus, la cause du miracle. Ainsi, il nous revient de changer de perspective et d’avoir un nouveau regard car la cause du miracle est celui qui a pour origine Dieu et qui est avec Dieu, c’est-à-dire qui vit conformément à la volonté de Dieu.

Jésus réponds(1):

  • 3 En vérité, en vérité, je te le dis, si quelqu’un n’est pas d’en haut, il ne peut voir le royaume de Dieu.
  • 5 En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d’eau et d’esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu

Du mot grec pour désigner l’acte de naître est le verbe Gennaô, nous avons les termes français géniteur, engendrer et l’adverbe grec anôthen signifie à la fois d’en haut et de nouveau. Pour voir et entrer dans le Royaume de Dieu, on doit avoir pour géniteur Dieu. Cette naissance nouvelle est désignée l’expression : naître d’esprit (πνεύμα ou vent). En plus d’être extraordinaire, la matérialisation du Royaume apparait comme une œuvre inarrêtable et insaisissable du vent.

Jésus lui réponds (2):

  • 6 ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’esprit est esprit.
  • 8 Le vent souffle où il veut, et tu en entend le bruit; mais tu ne sais d’où il vient, ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né de l’esprit.

Enfin, cette nouvelle naissance consiste à comprendre qu’on se trouve en danger de mort dans ce monde comme Israël face aux morsures des serpents dans le désert. La notion de Royaume

de Dieu que Jean appelle aussi la vie éternelle est liée au mystère pascal. Il nous faut donc croire au salut que Dieu nous assure dans l’œuvre de Jésus à la croix. C’est peut-être absurde aux yeux des sages du monde mais source du salut pour nous.

Jean 3:7 Ne t’étonne pas que je t’aie dit: il faut que vous naissiez d’en haut.

Pasteur Jean-Willy Mbonzemba

Loading

Le Royaume de Dieu

Le mot du Pasteur

Le Royaume de Dieu

Dans ce récit de l’épisode qui occasionne le tout 1er miracle de Jésus dans l’évangile de Jean, les interventions de Marie, sa mère, marque profondément mon esprit.

« Le vin ayant manqué, la mère de Jésus lui dit: ils n’ont plus de vin. 4 Jésus lui répondit: femme, qu’y a-t-il entre moi et toi ? Mon heure n’est pas encore venue. 5 Sa mère dit aux serviteurs: faites ce qu’il vous dira (Jean 2,3) ».

Le fait que ce récit emploie le terme mère à deux reprises nous pousse à porter un regard interrogateur sur l’utilisation du terme femme par Jésus. Jésus ne veut pas du tout porter un jugement en répondant à la requête de sa mère (mh,thr). En employant le terme femme gu,nai (de gunh,), il veut souligner la sensibilité féminine de Marie, franchement !

En fait, l’intention de Marie, au-delà du fait qu’elle semble la seule à remarquer qu’‘’ils n’ont plus de vin’’, marque non pas une appréhension mais un aperçu plus avisé des conséquences désastreuses de ce manque, de ce déficit, au début de la vie nouvelle de ce couple. Le manque de vin risque de rendre vain et inutile tous les efforts déployés dans la mise en œuvre de l’organisation cette soirée qui devait augurer une vie autre.

Le bon vin est le symbole de la joie, l’allégresse, la gaité. Le manque de vin rend vain, inutile, inefficace la bonne ambiance, la bonne humeur. Le manque de ce vin envenime la situation, il la pollue, la pourrit. L’absence de ce vin désespère l’être humain et le conduit à déserter, à baisser les bras et le conduit même à penser que la vie n’a pas de sens, et donc la mort peut mettre fin à une vie chargée d’afflictions. Avons-nous encore du bon vin dans nos couples ? Il y a-t-il encore du bon vin dans nos maisons ? Dans nos vies ?

J’estime que l’église, en tant qu’épouse du Christ devrait manifester cette sensibilité car il y a de moins en moins du vin dans nos communautés. En fait, Dieu veut que nous retenions fermement l’espérance que nous proclamons (Hébreux 10,23). Mais, ce moment où la foi est mise à l’épreuve rend la vie chrétienne maussade. Il nous faut donc percevoir ce sentiment de tristesse qui ronge ceux qui ont l’impression que le Seigneur tarde dans l’accomplissement de ses promesses (2 Pierre 3,9) alors que celui qui a fait la promesse est fidèle.

J’estime que l’église a besoin des “mariES’’ qui vont parler à Jésus de notre manque de vin. Il s’agit de ceux et celles qui ont cette empathie devant ces réalités qui ne touchent pas les cœurs froids, gelés ou glacés par un ‘’légalisme’’ stérile ou une ‘’tradition’’ infructueuse. Que l’Esprit Saint suscite des personnes ayant une capacité intuitive qui permet d’appréhender l’intention de l’adversaire et le danger de ses menaces. Ainsi arrivera l’instant Jésus, l’heure ou le moment de l’action de Jésus pour manifester le règne de Dieu.

Les “mariES’’, sont des personne qui ont la foi qui monte ‘’la première marche lorsqu’on ne voit pas tout l’escalier’’ (Martin Luther King). La foi chrétienne constitue donc une démarche plutôt intérieure qu’extérieure. Elle est incarne la confiance qui nous pousse à l’action même lorsque les paramètres de la logique humaine nous indiquent une impasse. La foi chrétienne est à la fois participation ou collaboration. Que les ‘’mariES’’ s’élèvent !

Votre frère,
Jean Willy Mbonzemba

Loading